Paroles de chansons pour maisons de retraite


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Viens poupoule


Le samedi soir après l'turbin
L'ouvrier parisien
Dit à sa femme : comme dessert
J'te paie l'café-concert
On va filer bras d'sus, bras d'sous
Aux galeries à vingt sous
Mets vite une robe, faut s'dépêcher
Pour être bien placés
Car il faut, mon coco,
Entendre tous les cabots.

Viens poupoule, viens poupoule, viens

Quand j'entends des chansons
Ça m'rend tout polisson
Ah,
Viens poupoule, viens poupoule, viens
Souviens-toi qu'c'est comme ça
Que j'suis dev'nu papa.


Un p'tit tableau bien épatant
Quand arrive le printemps
C'est d'observer l'charivari
Des environs d'Paris
Dans les guinguettes au bord de l'eau
Au son d'un vieux piano
On voit danser les p'tits joyeux
Citant à qui mieux mieux
Hé l'piano Tu joues faux
Ça n'fait rien mon p'tit coco.

Viens poupoule, viens poupoule, viens
Ce soir je t'emmène...où ?
À la cabane bambou
Hou
Viens poupoule, viens poupoule, viens
Et l'on danse plein d'entrain
La polka des trottins.


Avec sa femme un brave agent
Chez lui rentrait gaiement
Quand tout à coup - jugez un peu
On entend des coups d'feu
C'était messieurs les bons apaches
Pour s'donner du panache
Qui s'envoyaient quelques pruneaux
Et jouaient du couteau
L'brave agent, indulgent
Dit à sa femme tranquillement.

Viens poupoule, viens poupoule, viens
Pourquoi les déranger
Ça pourrait les fâcher
Ah
Viens poupoule, viens poupoule, viens

Te mets pas en émoi
Ils s'tueront bien sans moi.


Deux vieux époux tout tremblotants
Marient leurs p'tits enfants
Après le bal, vers les minuit
La bonne vieille dit
À sa p'tite fille tombant d'sommeil
J'vais t'donner les conseils
Qu'on donne toujours aux jeunes mariés
Mais l'grand-père plein d'gaieté
Dit doucement bonne maman
Laisse-les donc ces p'tits enfants.

Viens poupoule, viens poupoule, viens
Ces deux p'tits polissons
N'ont pas besoin d'leçon
Ah
Viens poupoule, viens poupoule, viens
Demain matin, ma foi
Ils en sauront plus que toi.


Les jeunes mariés très amoureux
Viennent de rentrer chez eux
Dans leur gentil p'tit entresol
Ils s’écrient enfin seuls!
Madame se met vite à ranger
Sa p'tite fleur d'oranger
Pendant qu'monsieur bien tendrement
Dit amoureusement:
Pour tâcher d's'épancher
Montrant la chambre à coucher.

Viens poupoule, viens poupoule, viens
Les verrous sont tirés
On pourra s'détirer
Ah,
Viens poupoule, viens poupoule, viens
Viens chanter mon coco
La chanson des bécots.

Un député tout frais nommé
Invitait sa moitié
À v'nir entendre un grand discours
Qu'il prononçait l'même jour
Mais à peine a-t-il commencé
Qu'on lui crie c'est assez
Constitution, dissolution
Pas d'interpellation.
Ahuri, abruti,
Il prend son chapeau et dit :

Viens poupoule, viens poupoule, viens
Je n'veux pas dev'nir sourd
Pour vingt-cinq francs par jour
Ah,
Viens poupoule, viens poupoule, viens
C'est bien assez, ma foi
D'être attrapé par toi.






Mayol   1902
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